DIMANCHE 04 OCTOBRE 2026 / 27ème
DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / A
(Is 5, 1-7; Ps 79; Ph 4, 6-9; Mt 21, 33-43)
Frères et sœurs dans le Christ,
Pour un Dieu qui s’est toujours voulu tendre et miséricordieux, la posture
qu’il prend dans la première lecture de ce dimanche contraste avec l’appel de
saint Paul à ne pas nous inquiéter. Il y a lieu, en fait, pour nous de nous inquiéter.
Dieu menace la vigne, Dieu menace la maison d’Israël. « Eh bien, je vais
vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle
soit dévorée par les animaux… J’en ferai une pente désolée ; … J’interdirai
aux nuages d’y faire tomber la pluie ». Ce rejet que le Seigneur fait
planer sur la maison d’Israël est la conséquence de son inconséquence.
En effet, comme on doit s'occuper de sa vigne, lui procurer tous les
soins même les plus inimaginables, c’est ainsi que le Seigneur s’est comporté
envers son peuple. Dans les détails, le Seigneur a voulu préserver son peuple
de toute menace extérieure afin qu’il vive dans la paix et produise les fruits
pour la joie de son Dieu. Rien ne lui a manqué qui puisse justifier son manque
de fertilité. Pour ce qu’il faut faire pour que les fruits tiennent la promesse
des fleurs, Dieu n’a rien à se reprocher. Écoutons-le qui l’exprime : « Pouvais-je
faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? ». Mais force est de constater
que le fruit porté par la vigne du Seigneur n’a pas été à la hauteur de l’attente
de Dieu. Au lieu de grandir dans la fidélité aux observances de son Dieu et
Seigneur, la peuple d’Israël a excellé dans la médiocrité, dans l’abandon de
Dieu : « J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de
mauvais » ? Le Seigneur attendait le droit et la justice. Mais il n’a
vu que crime et cris de détresse. Et la conséquence de son attitude
peccamineuse ne s’est fait pas attendre. La vigne a été livrée à elle-même et à
tout venant. La résolution de Dieu d’en finir avec sa vigne s’est exprimée dans
le psaume 79 (80) que nous avons chanté : « Pourquoi as-tu percé sa
clôture ? Tous les passants y grappillent en chemin ; le sanglier des
forêts la ravage et la bête des champs la broutent ».
À la lecture de ces textes, nous pouvons aisément comprendre que la vigne d’hier,
la maison d’Israël, c’est aujourd’hui chacun de nous et toute la communauté des
croyants. Comme hier, aujourd’hui encore, Dieu continue de nous prodiguer ses soins
sans parcimonie, sans ménagement. Il continue de veiller sur nous avec
sollicitude. Mais comme nos pères, nous continuons de nous détourner des chemins
du Seigneur, faisant preuve d’une ingratitude sans pareille à l’égard de Dieu. Comme
la maison d’Israël, nous en voyons les conséquences dans notre vie. Vides de
Dieu, nous sommes la proie facile de tous les passants et nous devenons la
risée de tous.
Pour échapper à ce sort, la Parole de Dieu, en ce dimanche, nous indique deux
propositions. La première nous ramène sur la voie de la conversion, en écho au
psaume responsorial : « Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous
vivre et invoquer ton nom ! Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés ». Elle nous rappelle l’urgence
qui consiste à revenir au Seigneur et à chercher à voir sa face. Car c’est de sa
face que nous vient le salut. C’est quand la face de Dieu est sur nous que nous
portons des fruits et que nous rayonnons. La seconde nous renvoie à la qualité
de la vie que nous menons. Le Seigneur attend de nous la justice. Ce mot peut
paraître bien grand. Écoutons saint Paul qui nous le décline en des manières de
vivre fort simples : « mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout
ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce
qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte ».
Voilà ce que le Seigneur veut voir grandir dans notre vigne, voilà le fruit qu’il
est en droit d’attendre de nous. Il nous a donné tout ce qu’il faut pour que
notre vigne soit des plus belles et des plus fécondes.
Père Sylvain YAI, Calavi
Bonjour Abbé. Merci infiniment pour le message précieux de ce dimanche. Que Maman Marie nous protège durant tout ce mois de Rosaire.
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