DIMANCHE 19 AVRIL 2026 /
3ème DIMANCHE DE PAQUES
(Ac 2, 14.22b-33 ;
Ps 15 ; 1 P 1, 17-21 ; Lc 24, 13-35)
Frères
et sœurs dans le Seigneur, bonjour !
La
Parole de Dieu nous rejoint en ce dimanche et nourrit notre vie. Pour la deuxième
fois, après le dimanche de Pâques, nous écoutons le récit des pèlerins d’Emmaüs.
Je voudrais proposer que leur expérience de la rencontre avec Jésus accompagne
notre méditation de ce dimanche. Trois points retiendront notre attention.
Nous
nous laissons, dans un premier temps, interpellés par une attitude des
disciples d’Emmaüs qui a été mise en lumière par l’auteur sacré. Saint Luc
précise : « tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus
lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés
de le reconnaître ». Leurs yeux ont été empêchés de le reconnaître, tant
ils étaient plongés dans les préoccupations de leur cœur. Celles-ci ont trois
noms précis dans l’évangile de ce jour : la tristesse, le découragement et
la perte de l’espérance. Ce sont là trois dangers qui ont aveuglé leur cœur au
point de ne pas reconnaître Jésus qui marchait à leurs côtés et qui continuent
de nous guetter aujourd’hui. La tristesse qui tue notre enthousiasme dans notre
marche à la suite du Christ. Pour la vie de foi, elle constitue une manipulation
du Malin qui nous ravit notre joie de vivre de l’évangile. Le découragement qui
affaiblit nos forces dans le combat. Il nous suggère que nous ne pouvons plus
rien faire contre, alors on abandonne les armes. Il s’agit là d’un véritable ennemi
de notre vie de foi, car du courage, nous en avons besoin pour faire face, en
comptant sur la grâce de Dieu, aux jeux manipulateurs de l’esprit malin. Le manque
d’espérance, enfin, qui nous refuse d’accepter que le bien peut avoir de force
sur le mal. Ce mal limite toute notre vue sur ce qui se passe dans le temps présent
sans nous ouvrir à la joie du lendemain meilleur. Toutes ces spéculations de l’esprit
malin nous poussent à la fin à un mal plus profond : le retour à notre
passé. Heureusement que sur le chemin de retour, avant que cela ne puisse être
trop tard, Jésus les rejoint, comme il choisit de rejoindre chacun de nous,
chaque fois que cela est nécessaire pour nous éviter de sombrer.
Pour
leur éviter de sombrer, Jésus ouvre leur cœur non sur la Parole de Dieu, mais
au moyen de la Parole de Dieu. L’effet de cette méthodologie de Jésus est
finalement perceptible à la fin du récit : « Notre cœur n’était-il
pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les
Écritures ? » La puissance de la Parole de Dieu, est-elle encore à
démontrer ? Jésus se sert une fois encore des Écritures pour déjouer les
pièges du redoutable ennemi. Il s’en sert pour guérir les disciples d’Emmaüs de
la tristesse, du découragement et du manque d’espérance. Elle constitue donc
pour nous le lieu où nous pouvons puiser des forces pour faire face à toutes
les situations de notre vie. Elle est la source inépuisable à laquelle nous
pouvons retrouver les nutriments nécessaires pour notre vie. C’est le lieu pour
nous, en ce dimanche, de nous demander quel est notre rapport à la Parole de Dieu
et quelle est la qualité de notre écoute de cette Parole ? Il est peut-être
nécessaire de reprendre à notre avantage ce que disait saint Jérôme : « Ignorer
les Écritures, c’est ignorer le Christ ». C’est donc essentiellement au cœur
de notre lecture méditative et affective de la Parole de Dieu que nous nous
rapprochons de Dieu, pour mieux le connaître à travers ce qu’il nous dit et
nous commande de faire. C’est le seul moyen pour que nos cœurs soient toujours brûlants de Pâques.
Et
la dernière attitude des disciples d’Emmaüs est cette force qu’ils ont retrouvée
pour aller proclamer la bonne nouvelle de leur rencontre avec le Ressuscité. Cette
belle force leur vient bien évidemment de la Parole de Dieu dont Jésus les a
nourris alors qu’ils étaient sur le chemin, mais aussi de la fraction du pain. Il
en va justement ainsi ! Quand le chrétien se nourrit de la Parole de Dieu
et s’abreuve à la source des sacrements de l’Église, il trouve la joie d’aller
porter la Bonne Nouvelle. Les disciples qui craignaient la nuit tardive pour Jésus,
les voilà sur les chemins de Jérusalem, à l’assaut de la communauté des apôtres
pour leur porter la joie du Ressuscité.
Puissions-nous,
frères et sœurs, au moment où, la tristesse, le découragement et la perte de l’espérance
nous font tourner le dos à Dieu pour nous plonger dans la nostalgie de ce que
nous avons rejeté, rencontrer le Ressuscité qui nous ramène à la joie de notre
foi chrétienne.
Père
Sylvain YAI, Togbin
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