DIMANCHE 09 AOUT 2026 / 19ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / A

(1 R 19, 9a.11-13; Ps 84; Rm 9, 1-5; Mt 14, 22-33)

Frères et sœurs dans le Christ,

Notre vie de chrétien est incontestablement un pèlerinage que nous entreprenons. Il commence le jour de notre rencontre avec le Christ.  Il a pour objectif de nous conduire à la rencontre de Dieu et de vivre en présence de Dieu. Ce pèlerinage, contrairement à ce que l’on peut imaginer, est l’initiative de Dieu. C’est Dieu, le premier à nous aimer, qui est nous appelle à venir à sa rencontre. Il est celui qui nous donne la force et les moyens nécessaires pour entreprendre ce pèlerinage. Pour le faire, il renouvelle et multiplie les grâces de son amour, en nous épargnant de tous les dangers, des loups voraces qui menacent notre marche. Comme il l’a fait d’ailleurs à l’endroit du peuple d’Israël qui malheureusement n’a pas été conséquent envers Dieu. Saint Paul, dans la deuxième lecture de ce dimanche, s’en désolera d’ailleurs. Malgré les prévenances dont il est l’objet de la part de Dieu, Israël n’a pas su lire les signes des temps et accueillir Jésus, que l’Apôtre des Gentils déclare « au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles ».

Cette méprise des fils d’Israël peut guetter notre vie de foi et altérer la qualité de notre pèlerinage. Deux pièges essentiels peuvent nous conduire à cette méprise. D’une part, la tentation de vouloir chercher Dieu dans le sensationnel, dans l’extraordinaire et dans la super puissance. Nous sommes très souvent portés à vouloir comprendre Dieu en le cherchant dans les encyclopédies, dans les miracles extraordinaires. Nous cherchons à le découvrir dans les paroles savantes. Nous aurions bien aimé que Dieu se dise à nous dans le feu, l’ouragan, dans les tremblements de terre… Mais Dieu choisit de se dire à nous dans l’humilité de la brise légère, dans le silence. Et quand les temps seront accomplis, il se dit et se fait connaître par un homme, Jésus, né d’une Vierge, dans l’humilité d’une étable. Désormais, Dieu veut se dire et s’identifier dans les plus pauvres, dans les plus déshérités, dans les enfants, dans le voisin qui nous ennuie ou que nous supportons mal. C’est le lieu où nous sommes sûrs de rencontrer Dieu. Ils constituent ce chemin par lequel doit passer notre pèlerinage à la rencontre de Dieu.

D’autre part, comme piège qui risque de nous distancier du chemin de notre pèlerinage, nous avons la tentation de regarder à ce que nous pouvons faire ou à ce que nous ne pouvons pas faire. Dans le récit de Jésus et de Pierre qui marchent sur les eaux, Jésus reproche à Pierre d’avoir douté. Justement, sur sa route vers Jésus, Pierre était bien déterminé. Mais il a péché en détournant son regard de Jésus qui l’invite, pour regarder à ses faiblesses, au fait qu’il lui est impossible de marcher sur les eaux. Voilà pourquoi, il a commencé par s’enfoncer. Nous avons là l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Dans notre pèlerinage, il nous arrivera certainement de devoir marcher sur les eaux, de devoir lutter contre les vagues de la mer, de devoir affronter les vents contraires. À ces heures précises, nous avons juste à entendre Jésus nous dire « viens » et à fixer nos regards sur Jésus qui est le victorieux. Par nature, nous sommes des êtres faibles, dépourvus de toutes forces. Il n’est donc rien que nous pouvons contrôler si ce n’est en Jésus qui est notre force et en qui nous avons la victoire. Le psalmiste nous dit qu’ « un homme ne donne pas la victoire », et nous pouvons ajouter pas même nous-mêmes. Le secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Puissions-nous avoir la grâce d’éviter, jour après jour, ces pièges très létaux pour notre pèlerinage à la suite du Christ.

Père Sylvain YAI, Granville.

 

Commentaires

  1. Bonjour Mon père. Infiniment merci pour le précieux message. Bonne journée et bon début de semaine.

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