DIMANCHE 13 SEPTEMBRE 2026 / 24ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / A

(Si 27, 30-28, 7 ; Ps 102 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35)

Frères et sœurs dans le Christ,

La clé de lecture des textes de ce dimanche nous est donnée par la deuxième lecture que nous tirons de l’épître de Saint Paul Apôtre aux Romains. L’Apôtre, dans ce bref passage, nous rappelle une conviction qui doit être nôtre : « nous appartenons au Christ ». C’est la grande grâce que nous a conférée notre baptême. Nous sommes des propriétés du Christ, nous sommes entre ses mains, nous dépendons de lui entièrement. Que ce soit dans notre vie ou dans notre mort, nous sommes au Christ. En tant que tels, toute notre vie et tout notre agir doivent s’inspirer de cette appartenance au Christ. Deux conséquences majeures se dégagent pour nous dans notre relation avec Dieu lui-même et avec nos frères et sœurs.

Notre conscience d’appartenir au Christ nous rappelle que nous sommes ses disciples, des hommes et des femmes dont il prend soin avec bonté. Cette bonté est même la manifestation de sa puissance, car il peut décider de disposer de nous selon nos dettes, mais il choisit toujours de nous les remettre. L’évangile de ce jour nous en donne une belle illustration. En effet, Dieu agit envers nous exactement comme ce maître qui, devant l’impossibilité du serviteur de rembourser ses dettes, finit par les lui remettre entièrement parce qu’il le lui a demandé. Le maître avait un pouvoir de vie et de mort sur lui, comme le Christ a le pouvoir suprême sur nous, nous qui lui appartenons. Ce pouvoir il ne l’exerce pas pour nous assujettir, il l’utilise pour nous libérer. C’est bien là tout le bonheur que nous avons de lui appartenir car il ne nous surcharge pas, mais il allège notre marche à sa suite. Il le fait, non seulement en nous remettant au quotidien nos nombreuses offenses, mais en payant le prix de la dette encourue : « Vous étiez morts, parce que vous aviez commis des fautes et n’aviez pas reçu de circoncision dans votre chair. Mais Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a pardonné toutes nos fautes. Il a effacé le billet de la dette qui nous accablait en raison des prescriptions légales pesant sur nous : il l’a annulé en le clouant à la croix » (Col 2, 13-14). Mais alors une question se pose : Si nous appartenons à un Dieu qui ne juge pas et qui ne nous réduit pas à nos péchés, qui sommes-nous pour juger nos frères et de quel droit nous refusons de leur pardonner leurs fautes ?

En nous demandant de pardonner, Jésus nous demande de faire quelque chose qui est peut-être difficile pour le commun des mortels. Mais pour le réussir, il faut justement comprendre que le pardon est divin et que c’est de Dieu que nous recevons la force de pardonner. Ceci s’entend de deux manières. D’une part, pardonner est une exigence de la Parole de Dieu, comme nous le rappelle sans détour la première lecture de ce dimanche : « Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ? Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ; qui donc lui pardonnera ses péchés ? » Dieu en fait même la condition sine qua non de l’abondance de sa bénédiction et de l’exaucement de nos prières. Pardonner est donc un chemin d’or pour atteindre le cœur de Dieu et pour bénéficier de ses grâces. D’autre part, pardonner est la meilleure manière de montrer que nous sommes des images et des ressemblances de Dieu. Jésus a souvent invité ses disciples à être « saints comme le Père des cieux est saint ». C’est donc à son exemple que nous devons offrir le pardon. Dans une logique pareille, le pardon n’est plus à compter puisqu’il n’est pas à vendre (personne ne peut en payer le prix). Il est à offrir. Et puisque le don ne peut être quantifié, il se donne sans compter selon la largesse de notre cœur. Et dans la dynamique du pardon, il se donne aussi largement qu’est profond le tort qui nous a été fait.

Père Sylvain YAI, Calavi

 

Commentaires

  1. Bonjour Abbé. Merci infiniment pour le message précieux de ce dimanche. Excellente journée et bon début de semaine.

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