DIMANCHE 19 JUILLET 2026 / 16ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / A

Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !

Les textes de ce dimanche nous positionnent devant la question de la puissance de Dieu et interrogent nos manières d'être puissants. Nous confessons, dans le credo, que Dieu est le Père Tout-Puissant. Mais que signifie être puissant ? Deux mots dans la première lecture de ce jour nous permettent de définir la puissance selon le langage du monde. La puissant, c’est celui qui peut exercer sa domination sur les autres et disposer d’eux à son gré. C’est celui qui peut soumettre les autres sans qu’aucun puisse résister à ses désidératas. C’est aussi celui qui exerce une force sur les autres. C’est-à-dire qui a la possibilité de les écraser et de les oppresser. Cette manière d’être puissant est le propre des hommes qui la recherchent et font tout pour être en position de force. Tous, nous en faisons l’expérience, soit parce que l’on est victime des méfaits de la puissance de l’autre, ou parce que nous sommes acteurs de cette puissance. Si la puissance exercée par les hommes assujettit, celle que nous présentent les textes de ce dimanche au sujet de Dieu, est tout à fait différente. Pour nous le montrer, le livre de la Sagesse nous livre ce message : « il n’y a pas d’autre dieu que toi, qui prenne soin de toute chose : tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes. Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te permet d’épargner toute chose… » Avec ce texte vétérotestamentaire, nous découvrons Dieu, tel qu’il a voulu être connu : un Dieu dont la puissance se manifeste dans sa faiblesse aimante pour l’homme, qui est indulgent, bienveillant, patient et juste. Tout à la différence de la puissance des hommes, n’est-ce pas. En fait, le vrai puissant, c’est Dieu qui, de fait, est tout puissant pout devoir écraser et mépriser les hommes ses créatures. L’homme a donc tout à gagner, en apprenant à être puissant à l’image et à l’exemple de Dieu. Pour le faire, la finale de l’extrait du livre de la Sagesse que nous avons écouté, nous en donne le critère : le juste doit être humain. Voilà tout l’effort que nous avons à faire pour ressembler. Dieu ne nous demande pas de devenir des dieux, mais il attend de nous que nous soyons simplement et véritablement humain. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Être humain veut dire, d’une part, que nous ayons le discernement dans l’exercice de notre puissance. Cela implique que nous puissions reconnaître quand l’ivraie intervient dans notre vie en lieu et place du bon grain. Reconnaître le mal, le nommer et ne jamais être complaisant avec lui, voilà le premier critère qui peut faire de vrais puissants. Ce discernement est très important pour nous chrétien, dans le monde d’aujourd’hui, assommés par plusieurs voix qui sèment le doute. Au cœurs des mille voies qui s’ouvrent devant nous, il nous faut savoir reconnaître celles qui sont suggérées par l’ennemis afin de les éviter. Un tel discernement nécessite, de notre part, un réalisme qui fait que nous ne nous engageons pas à lutter contre elles en comptant sur nos propres forces ou nos premiers ressentis, mais en mettre notre confiance au Seigneur qui saura nous envoyer son Esprit Saint pour venir au secours de notre faiblesse (la deuxième lecture).

Être humain veut dire, d’autre part, que nous soyons justes dans notre manière d’être puissants. La justice, ici, peut signifier faire à l’autre ce que nous souhaiterions pour nous-mêmes. Très concrètement, dans notre lutte contre le mal, nous sommes souvent très portés à vouloir détruire le mal chez les autres. Cela relèverait d’une belle charité fraternelle si elle intervient après que nous avons travaillé assez suffisamment à arracher le mal qui est en nous. D’abord veiller pour que l’ennemi ne trouve jamais l’occasion de venir semer l’ivraie dans le champ de notre vie que le Seigneur a voulu si beau. Il le fait quand nous dormons et quand nous sommes étouffés par les soucis de ce monde. Ensuite, s’il arrive que l’ivraie soit présente, travailler avec discernement lutter contre, dans la patience du maître mais aussi avec rigueur. Enfin, travailler assez sur soi-même pour ne jamais être le semeur d’ivraie dans la vie des autres.

Père Sylvain YAI, Granville

 

 

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