DIMANCHE 14 JUIN 2026 / 11ème
DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE /A
(Ex 19, 2-6a ; Ps 99 ; Rm, 5, 6-11;
Mt 9, 136-10,8)
Frères
et sœurs dans le Seigneur, bonjour !
En
ce dimanche, les textes de la liturgie de la Parole nous donnent une assurance :
Dieu nous aime et a de la compassion pour son peuple et pour chacun de nous. Cet
amour compatissant de Dieu se présente à nous sous trois angles que nous pouvons
découvrir au fil des textes de ce jour.
Dans
la première lecture, c’est à un exercice de déclaration d’amour, que Dieu s’adonne.
Il confesse pour son peuple, et par ricochet, pour tout un chacun de nous, la
flamme de son amour qui lui donne de renouveler chaque matin son amour : « je
vous ai portés comme sur les ailes d’un aigle et vous ai amenés jusqu’à moi… ».
En rappelant cette geste de son cœur, Dieu rassure son peuple qu’il peut
toujours compter sur lui, pour continuer d’être béni et continuer de toucher du
doigt l’accomplissement des merveilles du Seigneur. En retour, ou si vous voulez,
comme condition, Dieu n’exige rien du peuple, sinon qu’il se rende lui-même
digne d’un si grand amour, en gardant les paroles de l’Alliance. Il ne s’agit
pas d’une condition méritoire, mais d’une condition pour se disposer à bénéficier
de la grâce de Dieu. Qui parmi n’a jamais fait l’expérience des prévenances de
Dieu ? Qui parmi nous, pour les avoir, a donné quelques choses en échanges ? !
Et pourtant, tant que nous demeurons dans la grâce de la fidélité à la Parole
de Dieu, nous éprouvons au quotidien les miséricordes du Seigneur.
La
compassion de Dieu pour nous, dans un deuxième temps, dépasse les discours pour
se concrétiser dans la grâce merveilleuse de l’incarnation rédemptrice du Christ.
En plus de prendre soin de nous et de nous choisir comme son domaine particulier,
Dieu nous justifie. Ce faisant, Dieu pardonne nos péchés et nous déclare juste.
C'est une intervention de sa grâce divine qui annule notre condamnation et nous
rétablit dans son amour. Paul le dit si bien dans son épître aux Romains
écoutée en deuxième lecture : « Alors que nous n’étions encore
capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les
coupables que nous étions » ; ainsi « la preuve que Dieu nous
aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore
pécheurs. Cet amour de Dieu pour nous qui se déploie dans l’option qu’il fait
de nous aimer jusqu’au bout, est une spécificité de l’amour de Dieu. Oui, alors
que nous ne méritons en rien son amour, il a accepté de nous livrer son fils,
mort pour la cause des pécheurs que nous. Dieu ne pouvait pas, en fait, supporter
de voir mourir ceux qu’il a créés par amour.
S’il
nous faut célébrer la grandeur de l’amour de Dieu qui n’attend pas que nous le
méritions, il faut en plus admirer cette particularité de l’amour de Dieu qui
veut perpétuer cet amour en en donnant la mission aux hommes. Dans l’évangile
de ce jour, nous pouvons saluer avec beaucoup de réalisme le choix que Jésus
fait de faire communier des hommes de son choix à son ministère d’amour. À y
voir de près, la mission à laquelle Jésus a envoyé ses disciples, c’est de
continuer à être les témoins de son amour et de sa compassion auprès des
hommes. En envoyant les Douze, en effet, Jésus envoie chacun de nous, non pas
pour tenir des discours, mais pour être simplement des "sacrements" de
sa compassion au milieu de leurs frères et sœurs. Voilà pourquoi, il leur donne
le pouvoir de proclamer que le royaume des Cieux est tout proche, de guérir les
malades, de ressusciter les morts, purifier les lépreux et d’expulser les
démons. En un mot, Jésus leur demande, à nous aussi d’ailleurs, d’être la réponse
que la compassion de Dieu donne aux hommes de ce temps.
Père
Sylvain YAI, Togbin
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