DIMANCHE 29 MARS 2026 / DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION / A

(Is 50, 4-7 ; Ps 21 ; Ph 2, 6-11 ; Mt 26,14-27,66)

Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !

Nous avons écouté, en ce dimanche, deux extraits d’évangiles. Le premier nous rapporte l’entrée triomphale de Jésus dans sa ville. Le second nous donne le récit de la passion de notre Seigneur. L’un et l’autre présentent deux tableaux qui contrastent. D’une part la manifestation de la gloire de Dieu. Jésus qui, au milieu des exclamations et des chants, entre à Jérusalem. Le premier évangile nous précise qu’il est monté sur le petit d’un âne et que les foules le saluent en criant : « Hosanna au Fils de David ». D’autre part, la manifestation de la faiblesse du Fils qui porte sa croix et monte au calvaire. Le second évangile ici précise que les foules le livrent en scandant : « Crucifie-le ». Écouter ces deux récits en entrant dans la plus grande des semaines, nous permet de vivre, en cette seule journée des rameaux et de la passion du Christ, tous les mystères qui vont être célébrés les jours à venir.

L’Église pose devant nous, tout au début de la célébration de ce jour, la gloire de Jésus pour que le scandale de la croix ne nous amène à manquer de foi et à quitter les chemins de l’espérance. Quand nous vivrons les mystères de la passion du Christ, nous aurons donc à cœur qu’il est l’élu de Dieu, le Messie qui « vient au nom du Seigneur ». Nous tiendrons dans l’espérance que les événements de la passion et mort de Jésus ne l’ont pas retenu captif et qu’il est ressuscité dans la gloire. Le même hué, bafoué et jugé à tort et crucifié par son peuple, est celui pour qui la pierre roulera pour le laisser libre de la captivité de la tombe.

C’est ainsi qu’il a choisi de nous sauver : porter nos souffrances, subir l’humiliation, être méprisé et compté pour rien. C’est bien de cela que parle Paul : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix ». Quand la première lecture aura décrit toute la souffrance qu’il a endurée, elle finira par une belle note d’espérance : « je sais que je ne serai pas confondu ». Il n’est justement pas confondu, car c’est « par ses blessures que nous sommes guéris » ; c’est en acceptant de se faire obéissant et en subissant les outrages qu’il a été trouvé juste et qu’il a reçu « le nom qui est au-dessus de tout nom ».

Frères et sœurs dans le Christ, nous proposer ces textes au début de cette semaine sainte a deux bénéfices pour nous. Le premier, il nous permet d’aborder sereinement les mystères que nous aurons à célébrer. Ainsi nous emprunterons les pas du Christ sans devoir être scandalisés ni par la trahison de Juda, ni par le reniement de Pierre, ni par le poids de la souffrance, encore moins par le cri vers le Père. Nous savons déjà qu’il fallait que le Christ « passe par bien des souffrances pour entrer dans sa gloire ». Le second bénéfice pour nous est que nous devons nous aussi apprendre à lire notre vie à la lumière des mystères que nous célébrons en ces jours. Nous aussi nous connaissons certainement nos chemins de croix. Nous sommes peut-être aussi témoins de la souffrance de nos frères et sœurs, surtout ceux qui sont les plus attachés à Dieu. Soutenons notre espérance en sachant qu’elle est vraie cette parole de Jésus : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il prenne sa croix ». Plus belle encore est cette promesse qu’il nous a laissée : « Celui qui m’aura suivi jusqu’au bout, celui-là sera sauvé ».

Père Sylvain YAI, Togbin

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