DIMANCHE 10 MAI 2026 / 6ème
DIMANCHE DE PAQUES
(Ac 8, 5-8.14-17 ; Ps
65 ;1 P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21)
Frères et sœurs
dans le Seigneur, bonjour !
Il
ne vous aura pas manqué de constater l’incise présente dans l’évangile de ce
jour. Vous avez certainement remarqué que l’évangile commence par cette
déclaration de Jésus : « Si vous m’aimez, vous garderez mes
commandements » et qu’il s’achève par une considération presque similaire :
« celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ».
Mais entre les deux, Jésus s’étale sur la promesse de l’Esprit de vérité, le
Défenseur qu’il obtiendra du Père en notre faveur. Toutes ces observations nous
donnent de conduire notre méditation en deux points essentiels.
On
peut retenir, dans un premier temps, qu’il est capital pour Jésus d’établir une
cohérence entre l’amour que l’on déclare avoir pour lui et le fait de garder
ses commandements. En effet, comment dire que l’on aime Jésus sans garder ses
commandements ? Comment peut-on l’aimer en l’offensant à longueur de
journée ? Comment estimer que nous l’aimons alors que nous marchons dans
les ténèbres et que sa parole n’a pas de prise sur nous ? C’est la
première épître de saint Jean qui nous le rappelle fortement dans l’office des
lectures de ce dimanche : « Si nous disons que nous sommes en communion
avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs,
nous ne faisons pas la vérité ». Frères et sœurs dans le Christ, l’amour que
nous avons pour Dieu est appelé à se concrétiser dans l’attachement que nous
avons à sa Parole, dans l’observance de ses commandements. Mais il prend un sens
encore plus spécial et significatif dans l’amour que nous avons pour nos frères.
Nous entendons encore saint Jean : « Si quelqu’un dit : "J’aime
Dieu" alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur… et
voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu qu’il
aime aussi son frère » (1 Jn 4, 20-21). Mettre un point d’honneur à observer
les commandements du Seigneur nous élève à un privilège spécial ; nous
devenons des aimés du Père et habitacles de Dieu : « celui qui m’aime
sera aimé de mon Père » ou encore « Si quelqu’un m’aime, il gardera
ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui, et chez lui, nous
ferons une demeure » (Jn 14,23).
Dans
un second temps, le réalisme de Jésus l’amène à comprendre que ce commandement peut
rencontrer des obstacles liés spécialement à notre condition d’homme. La faiblesse
humaine, la corruption de ce monde et les sollicitations de l’esprit malin,
peuvent rendre difficile l’application de ce commandement qui consiste à aimer
Dieu et à garder ses commandements. Voilà pourquoi il s’empresse de faire la
promesse d’un autre Défenseur qui sera toujours avec nous. Cette personne qui
nous est si nécessaire nous viendra en aide à deux niveaux. Elle nous fera
connaître la vérité. Nous attendrons alors d’elle qu’elle nous aide à discerner
la voix de Dieu au milieu des dissonances de cette vie ; qu’elle nous donne
la force de préférer faire la volonté de Dieu. L’Esprit nous donnera aussi la
vie, puisqu’il demeure auprès de nous et qu’il est en nous. Nous avons alors
tout intérêt à développer une amitié et une relation personnelle avec l’Esprit
Saint. C’est lui qui produit les effets de grâce et féconde notre vie de
chrétien. Il est un don de Dieu, un don spécial pour nous. Puissions-nous l’appeler
continuellement à notre secours afin de rayonner de notre vie de chrétiens et
de devenir des témoins de l’amour du Christ au milieu du monde. Alors nous
aurons de lui la force d’aimer le Seigneur et de garder ses commandements.
Père
Sylvain YAI, Togbin.
Commentaires
Enregistrer un commentaire
Merci infiniment à tous