DIMANCHE 12 AVRIL 2026 / 2ème
DIMANCHE DE PAQUES (DIMANCHE DE LA DIVINE MISERICORDE)
(Ac 2,42-47 ;
Ps 117 ; 1 P 1, 3-9 ; Jn 20, 19-31)
Frères
et sœurs dans le Seigneur, bonjour !
Une
semaine après la solennité de Pâques, l’Église nous propose de célébrer et d’honorer
la Divine Miséricorde. Nous honorons l’amour de Dieu qui se traduit par sa
grande miséricorde pour les hommes. Il est possible de réduire la miséricorde à
l’amour. Car c’est par pur amour que le Seigneur efface le péché du monde, qu’il
revient de sa grande colère et qu’il nous sauve. Mais pour être plus exacts, il
nous faut préciser que l’amour dont on parle, en évoquant la miséricorde de
Dieu, est cet amour jusqu’au-boutiste qui lui donne d’aimer les hommes
même malgré leurs péchés. Cet amour met le faisceau sur le cœur de Dieu qui se
penche vers la misère de l’homme dans le souci de l’en délivrer. Cet amour est
si extraordinaire que, pour sauver l’esclave, Dieu livre le fils. De manière
plus claire et précise, la miséricorde divine est l'amour inconditionnel, la
compassion et le pardon infini de Dieu envers les hommes, particulièrement
envers les pécheurs. Elle désigne le cœur sensible à la misère humaine prêt à
relever et à pardonner inlassablement. Pour montrer l’importance de cette miséricorde
pour les hommes, Saint Jean Paul II, déclarait : « il n’y a rien
d’aussi indispensable à l’homme que la miséricorde divine, cet amour gracieux,
compatissant, élevant l’homme au-dessus de sa faiblesse vers les hauteurs
infinies de la sainteté de Dieu ». C’est le sens du visage que l’Eglise
donne à Dieu en cette célébration de la Divine Miséricorde.
Devant
cet amour intense et inestimable, les réactions des hommes peuvent se traduire
selon deux figures qui ont marqué le moment de la passion de notre Seigneur
Jésus : Pierre et Judas. Nous avons là deux personnages qui ont brillé par
la trahison, mais dont les sorts sont si différents. Pour le premier, en face
de son péché, ses pleurs ont été comme un appel au pardon lancé à Jésus, lorsqu’au
chant du coq, leurs yeux se sont croisés. Pierre a recherché le regard de la
miséricorde et a obtenu la miséricorde en retour. Judas, pour sa part, ayant
pris conscience de la gravité du mal qu’il a fait, a commis l’erreur de regarder
à lui-même et s’est trouvé trop peu digne d’un amour en retour de la part du
Seigneur. Au lieu de chercher le regard miséricordieux et restaurateur du
Seigneur, il a complétement fui sa face et s’est tourné vers lui-même. Et en
lui-même, n’a rien eu d’autre que l’auto-condamnation. Alors il se donne la
mort.
L’attitude
de Judas guette plusieurs parmi nous. A considérer nos péchés, nous pouvons être
aussi tentés de regarder à nous-mêmes plutôt de chercher le visage du Christ
qui ne juge jamais, encore moins ne condamne. Alors nous nous enfermons dans
notre péché, sans laisser la miséricorde de Dieu nous toucher et nous guérir. C’est
ainsi que plusieurs sont ceux-là qui n’ont pas le courage de confesser certains
péchés, les laissant les ronger au fil des années. D’autres se sentent si loin
de Dieu qu’ils ne se donnent pas la joie de la rencontre avec le Seigneur. Ce sont bien là des frères et sœurs qui subissent la tentation de Judas et qui sont
comme attachés par une corde dont Satan se félicite d’avoir fait le nœud. Contrairement
à cette attitude, l’exemple de Pierre est une école de la confiance en la
Divine Miséricorde. Ne proclamons-nous pas : « Divine Miséricorde,
Jésus j’ai confiance en toi » ? Cette confiance peut s’inspirer de l’attitude
de Pierre qui, après sa trahison, son péché, a levé les yeux vers le Seigneur
et qui a eu la joie de rencontrer le visage doux et miséricordieux de Jésus. Ce
regard ne l’a jamais accusé ni condamné. Au contraire, il retrouvera ce regard
après la résurrection, quand le Seigneur, dans sa grande miséricorde, lui
remettra les clés des cieux.
En
célébrant la miséricorde de Dieu, le défi qu’il nous faut relever est
celui de la confiance en cette miséricorde. Nos péchés et nos infidélités ne doivent
pas avoir la force de nous faire douter de l’amour passionné de Dieu qui nous
fait la grâce de nous pardonner même les plus impardonnables offenses. Toi aussi,
comme Pierre, Jésus veut te faire rencontrer son visage miséricordieux. Offre-toi
le bonheur de l’accueillir, alors tu pourras prier avec tes frères :
« Ô sang et eau qui avez jailli du cœur de Jésus comme source de
miséricorde pour nous, j'ai confiance en vous ».
Père
Sylvain YAI, Togbin.
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