DIMANCHE 19 OCTOBRE 2025 / 29ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / C
Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !
Nous continuons, avec les textes de ce jour, notre catéchèse sur la question de la prière. Si dimanche dernier, Jésus nous a invités à persévérer dans la prière, aujourd’hui, il nous rappelle les dispositions qui doivent être les nôtres quand nous allons prier.
Dans un premier temps, en partant des deux orants de l’évangile de ce dimanche, nous découvrons que la prière n’est pas une autocélébration, une litanie de mérites dont nous pouvons nous prévaloir devant le Seigneur. La première disposition qu’il nous faut donc avoir quand nous prions, c’est justement de reconnaître que nous sommes des misérables qui viennent s’en remettre à la miséricorde de Dieu. La différence entre le pharisien et le publicain en est justement là. Le Seigneur précise les mots, très sobres, du publicain : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Elle contraste fort bien avec la prière ronflante du pharisien qui chante ses mérites plutôt que de chanter la miséricorde de Dieu.
Mais à y voir de plus près, cette prière du pharisien est une méconnaissance de Dieu. Elle ignore que « Dieu se montre impartial envers les personnes. Il ne défavorise pas le pauvre ». Tous ses enfants sont chers à ses yeux, qu’ils soient riches ou pauvres, saints ou pécheurs, méprisables ou dignes d’honneur. Tous sont écoutés par leur Père qui « fait tomber la pluie sur les justes et les injustes ». La première lecture de ce jour précise même qu’il est plus favorable envers les pauvres, les orphelins et les veuves, c’est-à-dire envers ceux et celles qui n’ont pas de défense. Ils n’ont pas de quoi se prévaloir devant le Seigneur, mais ils ont le mérite de se reconnaître comme tel et de se confier à Dieu. Il en va de même du pécheur qui a la lucidité de revenir à Dieu dans la prière. Compter sur la miséricorde de Dieu devient de fait son seul mérite, exactement comme c’est le cas pour le publicain. Voilà ce qui lui a valu, non seulement d’être pardonné, mais de devenir juste.
Dans un dernier élan, découvrons la prière comme une véritable offrande de soi à la volonté de Dieu. Les mots forts de Paul dans son épître à Timothée nous montrent comment sa vie a été une offrande et une totale adoration à la volonté divine. Deux éléments nous inspirent nous aussi de nous donner en sacrifice dans la prière. D’une part, notre prière doit se faire dans la conscience qu’elle est une mise à disposition de nos vœux dans la seule bonne volonté de Dieu. Ainsi en venant à la prière, nous ne venons pas imposer nos vues et nos projets à Dieu, mais nous venons en remettre l’accomplissement entre les mains de Dieu qui seul sait ce qui est nécessaire pour nous. D’autre part, nous avons aussi foi que ce que nous avons demandé, en sacrifiant notre volonté au profit de la gloire de Dieu, nous est donné de manière la plus belle, puisqu’elle correspond à la volonté de Dieu. La prière, en un mot, c’est faire de Dieu le maître de nos vies, sans avoir peur des chemins par lesquels il décide de nous faire passer. Ainsi nous n’aurons pas à craindre qu’il prenne le temps pour nous exaucer, ou qu’il nous exauce autrement que nous le voulons. La prière doit se signer par : Pas comme je veux, mais comme toi tu veux.
Père Sylvain YAI, Togbin
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