MEDITATION DU DIMANCHE 17AOUT 2025 / 20ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / C
Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !
Comment comprendre Jésus dans les propos qu’il tient dans l’évangile de ce jour ? Je voudrais bien faire de ma méditation de ce jour un réquisitoire auquel je m’exercerai à répondre par une plaidoirie. J’appelle donc Jésus à la barre et les chefs d’accusation qui ont été retenus contre lui sont les suivants : propos terroristes et incitation à la violence.
Un politicien américain, Ernie Chambers, a assigné Dieu en justice en le taxant de semer la mort et la destruction, de terroriser des millions et des millions de Terriens, et de causer "des tremblements de terre colossaux, des inondations effroyables, des ouragans atroces, des tornades terrifiantes, des famines terribles". Non content d’avoir déjà ce renom tristement célèbre, nous entendons son fils, aujourd’hui qui tient des propos absolument indécents. Pendant que dans le monde le réchauffement climatique provoque des vagues d’incendies, entrainant avec elles des ravages effroyables, devrions-nous tolérer que Jésus se déclare ouvertement comme un pyromane ? Qui n’a jamais fait l’expérience du feu et de ses dégâts ? Et voilà qu’il vient annihiler le travail combien salué et admirable des sapeurs-pompiers qui luttent contre le feu ! Il est un terroriste !
Pendant que ces jours-ci, nous admirons (toute proportion gardée) le sommet de l’Alaska entre les Présidents russe et américain, pendant que les discours appellent à la non-violence, à un cessez-le feu et à la paix, Jésus s’enfonce davantage en invitant, dans la suite de ces propos, à la division. Comment peut-il croire qu’il a droit de tenir un discours pareil dans lequel il déclare tout bonnement qu’il n’est pas venu apporter la paix ? De fait, à cause de lui et de son hardiesse, des familles sont disloquées, des peuples sont divisés ! A mon avis, même sa mort sur la croix ne suffirait pas pour lui faire payer ses égarements. Je requiers donc contre lui ce qu’a réclamé le parlementaire américain : Ernie Chambers réclame que soit prononcée une mise en demeure permanente sommant Jésus de mettre un terme à ses activités malfaisantes et à ses menaces terroristes.
Frères et sœurs ! Que pensez-vous de ce réquisitoire ? Ne pensez-vous pas que l’accusé a été mépris ? Il me semble que le réquisitoire a manqué de connaître celui qu’elle accuse ! Pour deux raisons et ce sera ma plaidoirie.
Nous savons que le feu n’est pas que destructeur ! Il est aussi purificateur. Le cidre, la bière, nos repas, pour les cuire accuse-t-on le cuisinier qui l’allume ? Eh bien le feu dont parle Jésus dans l’évangile de ce jour est un feu purificateur. Le feu ici peut être entendu comme le zèle qui doit nous embraser et nous porter à distiller l’amour autour de nous. Ce qu’il nous commande, à la fin de sa vie, c’est de nous aimer les uns les autres. S’il y a donc un feu qu’il nous invite à attiser, c’est bien le feu des cœurs brulants comme le sien, et qui s’irradie pour le bonheur des uns et des autres. Si le feu qui habite en nous n’est pas suffisamment brulant comment voulons consumer les tares de l’indifférence, de l’autosuffisance, de l’égoïsme, de l’avarice, de la cupidité, de l’orgueil, de la jalousie et de la haine ? En fait, le feu que l’accusé veut allumer dans le monde est un feu qui détruit la nature et les autres mais un feu qui émonde notre nature personnelle, individuelle. S’il y a une guerre qu’il faut livrer, c’est cette guerre contre tout ce qui en nous porte au péché et à la division. Et très souvent, parce que nous choisissons le parti contre le péché et la division, parce que nous sommes embrasés par le feu de l’amour, il nous arrive très souvent d’être mis sur le banc des accusés, comme Jésus aujourd’hui, comme Jérémie dans la première lecture de ce jour.
Oui frères et sœurs, Jésus est mis à l’indexe aujourd’hui pour les mêmes raisons et de la même manière que Jérémie. Et c’est ce qui arrive aux disciples du Christ. Nous ne sommes pas trop aimés parce que nous ramons à contre courant de l’esprit du monde. C’est là notre mission. Celle d’être sel de la terre et lumière du monde, et nous des hommes et des femmes qui sont timides et timorés. Nous devons faire face au monde, non pas pour le combattre et l’incendier, mais pour le transformer, l’adoucir et lui redonner sa splendeur. Cela n’est possible que par ceux et celles qui acceptent d’être traqués, dénoncés et même quelques fois atteints. Mais plutôt que nous désarmer et de nous faire perdre cœur, ces expériences douloureuses auxquelles nous soumet notre appartenance au Christ, constituent plutôt le feu puissant qui brûle et nous incite davantage. L’auteur de l’épître aux Hébreux nous invite à cette résilience : « Méditez l’exemple celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement ».
Chers frères et sœurs, à la fin de ma plaidoirie, si vous étiez le juge qui doit délibérer, quelle sentence allez-vous prononcer ! Je vous suggère de relaxer purement et simplement Jésus, et bien plus de vous laisser embraser par son feu que vous transmettrez à ceux que vous rencontrerez sur votre chemin.
Père Sylvain YAI, Granville, France
Bonjour Abbé. Message bien reçu. Merci beaucoup pour cette nourriture constamment offerte chaque dimanche. Bon séjour en France.
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