DIMANCHE 8 FEVRIER 2026 / 5ème DIMANCHE DU
TEMPS ORDINAIRE / A
(Is 58, 7-10; Ps 111 ; 1Co 2,1-5; Mt 5,13-16)
Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !
De la première lecture de ce jour et de
tous les commentaires que nous pouvons en faire, une seule évidence se dégage. Le
baromètre de notre attitude par rapport à Dieu se mesure à notre attitude par
rapport à nos frères et sœurs… Le texte intervient pour faire une mise au point
sur la pratique de la religion. Pendant longtemps en effet, le peuple juif a compris
que servir le Seigneur consistait uniquement à tout ce qu’on peut faire pour
honorer Dieu. Ils offraient donc des sacrifices, avaient la loi du Seigneur à
la bouche, et se contentaient de respecter les prescriptions. Quant à leur
relation à l’autre, aux plus faibles, à l’étranger, elle restait à désirer, à tel
point que quelques versets avant ceux que nous avons écoutés en ce jour, le
prophète se plaignait bien : « Votre jeûne se passe en disputes et
querelles, en coups de poing sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le
faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix ». C’est
alors qu’il précise la vraie religion qui honore Dieu. Et elle consiste fondamentalement
dans la qualité de notre relation avec le frère. De ce texte, nous pouvons retenir deux
éléments constitutifs de cette relation qui nous appelle au service de nos
frères et sœurs et qui honore Dieu.
Dans un premier temps, il nous faut
noter que l’amour que nous avons pour le prochain doit dépasser les mots pour se
transformer en actes de partage et d’accueil. Le prophète Isaïe précise : « Partage
ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre
celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable ». Les
mots restent des intentions qui ont besoin de devenir des actes et qui nous
mettent véritablement au service de nos frères : des services concrets, des
services qui impactent positivement la vie de l’autre, des plus délaissés, des
plus marginalisés, des plus pauvres… En faisant ainsi, nous honorons Dieu et
nous lui vouons la plus belle adoration, celle qui fait de nous des imitateurs
de Dieu lui-même. Car c’est bien là ce que Dieu lui-même a voulu s’employer à faire
chaque jour pour chacun de nous. La vraie religion est celle qui nous conduit à
imiter Dieu. C’est surtout en faisant ainsi que nous devenons ce que nous sommes :
sel de la terre et lumière du monde. Nous sommes sel de la terre pour
révéler aux hommes la saveur de leur vie en leur donnant des raisons de
continuer à croire qu’un monde fraternel et juste est possible. Lumière du
monde, nous travaillons à mettre en valeur la beauté de ce monde à travers le regard d’amour qui révèle le vrai visage des personnes et des choses et qui se
traduit dans les bonnes œuvres de charité dont nous témoignons.
Dans un second temps, il nous faut intégrer
que cette manière d’honorer Dieu est le seul et vrai moyen d’obtenir les
bénédictions de Dieu. Le prophète Isaïe, et avec lui, de nombreux textes bibliques,
a attaché à la qualité de notre relation avec nos frères et sœurs, l’avènement
de la grâce de Dieu dans notre vie. C’est aussi ce que nous dit en ce jour la
première lecture : « Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si
tu cries, il dira : « Me voici ». Ce n’est pas simplement une récompense !
C’est beaucoup mieux que cela : c’est une réalité. Car, réellement, quand nous
agissons à la manière de Dieu par des actes qui libèrent, qui rassurent, qui
encouragent, qui adoucissent les épreuves de nos frères et sœurs, nous attirons
sur nous les mêmes grâces que nous leur permettons d’avoir. Ce que nous faisons
à nos frères et sœurs de bien attire sur nous la faveur de la grâce de Dieu.
Car là où il y a l’amour et où il est vécu comme témoignage de foi, là abondent
les effluves de la grâce de Dieu.
Père Sylvain YAI, Togbin
Bonjour Abbé. Merci infiniment pour le message dominical. Que Dieu nous accorde une multitude de grâces pour mieux le servir. Excellente journée et bon début de semaine.
RépondreSupprimer