MEDITATION DU DIMANCHE 07 SEPTEMBRE 2025 / 23ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / C

Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !

Alors que nous courons dans tous les sens pour la rentrée scolaire pour les uns et la rentrée pastorale pour les autres, la Parole de Dieu, en ce dimanche nous ramène à un essentiel qui doit nous tenir à cœur. Cet essentiel s’appelle la lucidité. Cette lucidité s’exprime pour nous en quatre lieux : dans notre relation avec Dieu, dans notre relation à nous-mêmes, dans nos relations les uns avec les autres et dans notre relation avec le matériel.

La première lecture de ce dimanche attire véritablement notre attention sur l’humilité qui doit caractériser notre relation avec Dieu. Elle nous porte à être lucide sur deux points. D’une part, Dieu n’est pas notre copain. Dieu est certainement notre ami, mais il n’est pas notre camarade au point de penser que nous avons des comptes à lui demander. Dieu est souverain dans ses choix et il dépasse énormément ce que nous pouvons penser et imaginer. D’autre part, Dieu ne peut être sujet à quelque manipulation de notre part (comme dans un laboratoire). Il est le seul qu’on ne peut connaître, ainsi que nous le rappelle l’auteur du livre de la Sagesse : Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ; ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? » Personne ne peut donc le trouver en comptant sur ses capacités intellectuelles ou autre… Dieu ne se connaît que quand il se donne lui-même. Voilà pourquoi la foi est un don de Dieu qu’il faut demander dans la prière et l’adoration de la sainte volonté de Dieu.

Cette lucidité dans notre relation avec Dieu suggère aussi une autre que nous avons à développer à l’égard de nous-mêmes. Et c’est le psaume responsorial qui nous l’inspire. Il nous fait prendre en effet conscience de la fragilité de notre vie qui « dès le matin est une herbe changeante ». Cet aspect précaire de notre vie nous impose aussi de l’humilité quant à la surestime que nous pouvons être tentés d’avoir de nous-mêmes. En priant pour que le Seigneur nous apprenne la vraie mesure de nos jours, le psalmiste nous invite à les compter en mettant Dieu au centre. La vie de l’homme, qu’elle soit dans l’abondance ou dans le dénuement, ne dépend pas de ce qu’il peut posséder, mais simplement de ce que Dieu lui donne d’en faire.

Nous devons aussi être lucides dans nos relations avec les autres. S’il y a une grande recommandation que nous devons emporter de la deuxième lecture d’aujourd’hui, c’est que tous les baptisés sont pour nous des frères. Ils le sont du fait du sang de Jésus qui nous a purifiés et qui a fait de nous des frères et sœurs. De fait, le regard que nous avons à poser sur le prochain n’est plus celui de sa condition, ni de son appartenance, car, dans le Christ, il n’y a plus d’esclave ni d’homme libre, plus de pauvre ni de riche, plus de juif ni de grec, plus de race. Dans le Christ, tous nous sommes uns, nous sommes frères et sœurs. En écoutant cette adresse de Paul à Philémon, au sujet d’Onésime, je suis bien tenté de nous demander de repartir vers ce frère et vers cette sœur que la rancune ou la rancœur a gardés si loin de nous, non plus comme un ennemi, mais comme vers un frère qui nous devons aimer à cause du Christ, qui nous a aimés et s’est livré pour nous.

Cette lucidité évangélique déborde aussi pour nous dans notre relation avec le matériel. Jésus, dans l’évangile de ce dimanche, ne nous laisse apparemment pas le choix. Nous devons le choisir et le préférer à tous et contre tout : « Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple ». La lucidité consiste, et ceci peut bien surprendre, à renoncer à tout pour construire tout. Renoncer à tout ce qui nous fait compter sur nos propres forces et sur les assurances de ce monde ! Construire tout sur le roc qu’est le Christ qui a eu la lucidité de répondre à Pierre : « quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses soeurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle ». Oui frères et sœurs, « Dieu ne nous enlève rien, il nous donne tout ».

Père Sylvain YAI, Liancourt, France


Commentaires

  1. Bonjour Abbé. Merci beaucoup pour le message du jour. Que Dieu accorde le don de la foi afin de recevoir le centuple de nos biens matériels et hériter de la vie éternelle.

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