MEDITATION DU VENDREDI 15 AOUT 2025 / SOLENNITE DE L’ASSOMPTION
Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !
En ce jour de la solennité de l’Assomption de Marie, je voudrais souhaiter à nous tous une très bonne fête. Nous avons accouru dans cet espace préparé avec grand soin pour nous accueillir. L’ensemble de la communauté que nous constituons est déjà comme notre manière de former une couronne, un diadème royal que nous posons sur la tête de Notre Dame. Puisse-t-elle être encore plus honorée par nos vies qui chantent la louange de Dieu. Pour notre méditation de ce jour de fête, il me paraît important de nous poser trois questions : Qui est Marie ? Que signifie son Assomption ? Qu’avons-nous à imiter en Marie ?
Qui est Marie ? Je préfère vous le dire tout de suite ! Vous serez déçus si vous espérez qu’à la fin de cette partie je vous donne un curriculum vitae de Marie. Ordinairement le CV est rédigé par l’individu lui-même. Et pour les recruteurs, un cv rédigé par un tiers, se reconnait facilement lors des entretiens, parce qu’il est difficilement défendable. Marie n’en a pas fait que je connaisse. Mais ce que je voudrais simplement vous proposer aujourd’hui, c’est qu’ensemble, nous puissions la contempler comme la « meilleure fleur de l’univers ». Grammaticalement, le mot meilleur ici est le superlatif de bon et désigne ce qui l’emporte sur tous les autres. Cela nous conduit tout de suite, frères et sœurs, à reconnaître Marie comme une créature, bonne, comme peuvent l’être toutes les créatures de Dieu, comme nous le sommes nous aussi. Marie n’est pas une personne divine, c’est une fille de notre humanité, elle est aussi une fleur voulue et créée par Dieu, comme tout un chacun de nous. Mais, de nous tous, images et ressemblances de Dieu, Marie a tranché pour devenir la meilleure. Trois occurrences me permettent de l’affirmer.
Marie, en tant que créature, est très belle et sûrement la plus belle de toutes les femmes. Nous pouvons le dire, puisque de tous, elle est celle que Dieu a choisie, celle qu’il a préférée. Si on part du principe que nous préférons garder pour nous-mêmes nos propriétés les plus belles, il n’est pas étonnant que Dieu ait choisi, de nous tous, la plus belle. Il me semble qu’elle est a choisi de nous le dire, car à chaque fois qu’elle apparaît à l’humanité, elle se montre belle, très belle, rayonnante, ravissante, splendide. Allez lire et revoir tout ce qui concerne les apparitions de Marie, à Lourdes, à Pontmain, à la rue du Bac, à la Salette et à Pellevoisin pour ne citer que celles de la France.
Marie est la meilleure fleur de l’univers ! Nous pouvons le dire aussi en nous référant au fait qu’elle a été libre de toute corruption morale et de tout péché. C’est ce que nous confessons quand nous célébrons la fête de l’Immaculée Conception : « la bienheureuse Vierge Marie fut dès le premier instant de sa Conception, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute souillure de la faute originelle, est révélée de Dieu ». Ce qui fait que Marie l’emporte sur toutes les autres fleurs de l’univers que nous sommes est qu’elle est celle qui, après Jésus, a vécu de la manière la plus excellente la vie de l’homme. Il faut le croire car elle est celle qui a n’a pas connu la corruption du péché, le péché qui ne fait pas parti du projet de Dieu en créant l’homme. Depuis la prévarication de la première Eve, le péché a marqué le genre humain. Mais en Marie, Dieu retrouve l’Eve qu’il a voulue au départ, c’est-à-dire l’humanité telle qu’il a pensée, sans tache, ni ride, ni péché.
Marie est la meilleure fleur de l’univers ! Nous le croyons et la confessons parce qu’elle a satisfait Dieu et les hommes. Oui, frères et sœurs, avec Marie, on peut dire que les fruits ont tenu la promesse des fleurs. Dieu a toujours rêvé (disons-le comme cela) des hommes et des femmes qui lui disent oui sans condition, librement et spontanément ! Eh bien Marie l’a fait : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Les hommes aussi, dans toute l’histoire du salut, ont toujours attendu cette jeune fille qui sera enceinte et qui concevra un fils pour leur libération. En Marie c’est désormais chose faite. Par elle, Dieu nous a donné le fils de la promesse, Dieu s’est donné à nous. Et nous voilà libérés de la domination du mal, nous voici entrés dans la grande lignée des victorieux. C’est bien là ce que nous suggère la réalité de l’Assomption de Marie.
Frères et sœurs, le tableau que nous peint la première lecture culmine dans la déclaration de la victoire du Christ : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! » Cette victoire du Christ est aussi partagée par sa mère, qui est aussi annoncée : « une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Elle était menacée par un dragon qui « vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance ». Mais la victoire de la femme est notifiée avec sa fuite (avec l’enfant) dans le désert. Dans la femme victorieuse qui a échappé bel au dragon, nous pouvons y voir, toute notre humanité qui échappe aux griffes du malin. Et la victoire de la femme sur le dragon, c’est la victoire du bien sur le mal, la victoire de la vie sur la mort. Dans la femme qui enfante, non sans douleur, c’est l’Eglise qui au cœur des tribulations de notre monde, est appelée à enfanter une humanité nouvelle ! C’est chacun de nous qui sommes envoyés pour former cette humanité nouvelle où la tête de l’antique serpent est écrasée. Comme aux premiers chrétiens, enfantant l’humanité nouvelle, saint Jean, auteur de l’Apocalypse, veut dire à l’Eglise de notre temps, taxée à tort ou à raison de tous les noms, que viennent des jours où elle pourra aussi chanter : « Maintenant, voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! » Nous prions pour que le charisme du pape Léon XIV, de nos évêques, de nos prêtres et de l’ensemble du peuple chrétien, conduise l’Eglise à cette victoire qui est celle de tous. La fête de l’Assomption nous rappelle cette victoire à venir.
Elle nous rappelle aussi que notre corps, comme notre âme, est appelé à entrer dans la gloire. Ecoutons plutôt le dominicain Rémi Chéno: « J’invite souvent les fidèles à réaliser qu’en Marie il nous est dit que nous sommes tous promis à la glorification. Certes ce corps que nous avons est fait pour mourir. Il se corrompt, il est de plus en plus vieux, de plus en plus fatigué, de moins en moins souple… On pressent pourtant que ce corps est promis à la vie éternelle et à la gloire de Dieu. Ce n’est pas que notre âme qui est promise à cela, mais toute notre personne. C’est un tout ! La fin dernière n’est pas que pour mon âme, mais pour tout ce que je suis. Il y a comme une unité de ma personne humaine qui est promise pour le ciel et pas seulement une partie : c’est ce que nous désigne l’Assomption de Marie ! Marie nous montre qu’il y a un sens à tout cela. Elle nous dit également qu’elle nous souhaite à tous ce qu’elle a vécu de façon toute spéciale elle-même… Elle nous dit aussi que c’est possible d’arriver à la gloire céleste corps et âme en nous convertissant, en nous nourrissant par la prière, par la lecture de la Parole de Dieu, par les sacrements. L’Assomption de Marie anticipe un mystère qui est promis à tous les hommes. Il ne s’agit donc pas d’abord d’un privilège réservé à Marie, mais bien d’une promesse, réalisée en elle, mais adressée à nous tous ». Oui il ne s’agit pas d’un privilège, ou s’il en était un, Marie a travaillé à le mériter.
L’Assomption de Marie signifie qu’elle a été emportée au ciel contrairement à Jésus qui est monté lui-même. C’est bien là, s’il était encore nécessaire de le préciser, la différence entre l’Ascension et l’Assomption. Mais qu’est-ce qui lui a valu d’être emportée au ciel ? Qu’a-t-elle fait pour mériter ce privilège ? Marie a mérité d’être emportée au ciel parce qu’elle s’est laissée porter par Dieu lors de ces jours terrestres. Oui, frères et sœurs bien aimés, s’il y a un mérite qui a valu à Marie l’honneur que nous célébrons aujourd’hui, c’est justement qu’elle n’a rien fait d’autre que de se laisser porter par celui qu’elle a porté et qui de tout éternité porte tout. Marie, rappelons-le, était une jeune fille qui a laissé Dieu entrer dans sa vie, bouleverser sa vie. Elle a accepté que les choses ne se fassent pas toujours comme elle a voulu parce qu’elle a compris qu’il faut laisser la grande marge à Dieu. Elle n’a fait qu’écouter et mettre en pratique la parole de Dieu. En réponse à la femme qui a voulu donner tout le mérite à celle qui l’a porté dans ses entrailles, Jésus a vite fait de préciser que sa mère est heureuse parce qu’elle se laisse porter par la volonté de Dieu.
La discrétion de Marie dans les évangiles et l’humilité de ses apparences sont une grande école pour nous. Comme elle, nous n’avons peut-être pas grand-chose à faire pour mériter le ciel. Car ce n’est pas à coup de performance athlétique que nous gagnerons le ciel. Ce ne sera pas à qui jeûne le plus, à qui fait le plus de neuvaine, à qui a se donne plus de la peine, que l’on reconnaîtra que nous sommes à l’école de Marie. Ce sera plutôt à qui sait se faire petit et disponible entre les mains de Dieu et qui se laisse porter par sa grâce ; c’est du moins ce que nous propose la vie de Marie. Ne l’oublions pas, frères et sœurs, avant d’être emportée au ciel, Marie s’est laissée porter par Dieu sur la terre. Et le plus beau, je vais finir par là, est que au ciel où elle a été emportée par celui qui l’a toujours portée, elle continue de nous porter dans son cœur.
Cette assurance que nous avons d’être portés par la Mère de Dieu, voilà ce que justifie que nous pouvons passer par son intercession pour obtenir des grâces. Voilà pourquoi nous l’invoquons. Les 24 mai, à chaque lendemain de mon anniversaire, nous célébrons Marie Auxiliatrice ! Invoquer Marie sous le titre d’Aide des Chrétiens ou Auxiliatrice, c’est la reconnaître comme Mère et Reine. Et que fait une mère en particulier ? Elle porte ses enfants, du moins ceux qui savent se laisser porter, ceux qui ouvrent les bras pour se laisser porter.
Voulez-vous que je vous montre la clef dont se servent ceux qui se laissent porter par Marie ? Votre chapelet qui ne doit jamais vous quitter et que vous n’oublierez pas de prier au quotidien. Avec cet instrument, nous pouvons vaincre et écraser la tête de l’antique dragon. A vos marques ! Prêts ? Prenez vos chapelets !
Père Sylvain YAI, Granville, France.
Bonjour Abbé. Merci infiniment pour tout ce développement sur la personnalité de Marie.
RépondreSupprimerLe message est bien saisi. Bonne fête de l'Assomption.