MEDITATION DU DIMANCHE 10 AOUT 2025 / 19ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE / C

Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !

Après avoir écouté les textes que l’Eglise nous propose en ce dimanche, ce serait sans forcer que nous trouverons des traits qui nous renvoient aux vertus théologales. Par définition, le catéchisme de l’Eglise Catholique nous éclaire que la vertu théologale est celle « par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en nous appuyant sur la grâce du Saint-Esprit ». Plus précisément, les trois vertus – la foi, l’espérance et la charité – ont Dieu pour objet. Chacune d’elle apparait plus ou moins clairement dans les textes de ce jour. Et pour notre méditation de ce dimanche, il me plaît de nous proposer de les relire de manière très pratique.

L’auteur de l’épître aux Hébreux, dans la deuxième lecture, en évoquant la figure d’Abraham et de ceux qui ont laissé leur vie se construire par la foi, veut bien nous rappeler que nous ne devons pas oublier d’où nous venons et que notre foi aujourd’hui doit s’inspirer des merveilles qu’elle a produites dans la vie de ceux qui nous ont précédés. En présentant Abraham comme le prototype de l’homme croyant, nous pouvons retenir essentiellement deux conclusions qui nous inspirent. D’une part, nous devons savoir que la foi est notre manière de mettre notre confiance en Dieu, de tenir solidement la main de Dieu. Elle s’appuie sur la Parole de Dieu et sur les gestes que nous avons vu le Seigneur faire dans notre vie ou dans celle d’une tierce personne. D’autre part, nous avons à savoir que grâce à la foi, ce qui est impossible à vues humaines est possible à Dieu. Comment ne pas nous souvenir de Sara : « Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’avoir une descendance parce qu’elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse » ? Comment ne pas nous souvenir de la belle déclaration de Gabriel à Marie au sujet d’Elisabeth : « Car rien n’est impossible à Dieu ». Nous pouvons, frères et sœurs, trouver dans ces mots la belle invitation que le Seigneur nous lance pour que se solidifie notre foi et pour qu’elle trouve chaque jour plus de raisons d’être encore plus enracinée en Dieu.

En définissant la foi, dans notre texte du jour, l’auteur de la deuxième lecture n’a pas pu s’empêcher de faire le lien entre la foi et l’espérance : « la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas ». Pendant que Paul nous dévoile ce principe du déjà là et du pas encore, caractéristique de l’espérance, Jésus dans l’évangile nous présente l’espérance comme une vertu de l’attente. « Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte ». Deux caractéristiques marquent cette espérance. Il faut noter d’abord la sérénité à laquelle le Seigneur nous invite. L’incipit de notre évangile du jour nous le dit : « sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ». L’assurance que ce que nous attendons dans l’espérance est le fruit de la bonté de Dieu nous fait l’aborder avec optimisme. Nous attendons, mais nous ne tremblons pas. Parce que nous savons que celui en qui nous avons mis notre espérance est capable de nous « délivrer de la mort et nous garder en vie aux jours de famine ». La deuxième caractéristique de l’espérance chrétienne est qu’elle nous met au travail, en veille permanente. Oui notre espérance ne saurait être comblée que dans la mesure nous travaillons et collaborons à cela. Jésus nous demande de garder notre lampe allumée et d’être en tenue de service. Aucune somnolence ne sera tolérée ; au contraire, celui qui restera éveillé et que le maitre en arrivant trouvera au travail, heureux sera-t-il. L’espérance nous garde en mouvement, en tenue de service ; elle nous met en marche. Elle nous met en demeure de servir nos frères et sœurs.

Pour attendre le Seigneur, et pour mériter de partager sa gloire, objet de notre espérance, c’est justement dans le service de nos frères et sœurs que nous devons nous atteler à le démontrer. L’évangile de ce jour ne commence-t-il pas par la mention de faire l’aumône ? L’aumône c’est l’autre nom de la charité, de l’amour. Une manière de désigner l’aumône, c’est le partage. Cette fois-ci, Jésus ne nous parle pas d’aimer Dieu, mais il nous demande d’être concrets. Dieu est aimé dans le frère et il se sent aimé dans notre capacité d’avoir de l’attention pour les besoins des plus démunis. En le faisant, il peut nous sembler perdre ce que nous avons. Mais Jésus nous rassure que c’est là le lieu sûr où nous avons à mettre nos trésors. Là, Dieu voit ce que nous faisons, il encaisse et crédite notre compte. Là, se trouvent les « bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux » ; là, le voleur n’approche pas, la mite ne détruit pas.

Père Sylvain YAI, Granville, France


Commentaires

  1. Bonjour Abbé. Merci beaucoup pour le message dominical. Bonne fête de Saint Laurent.

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