DIMANCHE 22 MARS 2026 / 5ème DIMANCHE DE
CAREME / A
(1 S
16,1.6-7.10-13a ; Ps 23 ; Ep 5, 8-14 ; Jn 9, 1-41)
Frères et sœurs dans le Christ, bonjour !
Pour aborder ce cinquième dimanche du
temps de carême, je nous propose, chers amis, de faire attention à trois
déclarations fortes. Dans une complémentarité facile à observer, elles se donnent
la main pour tisser la trame de notre méditation.
Dans la première lecture, Dieu, par son
prophète Ézéchiel, fait une promesse : « J’ouvrirai vos tombeaux et
vous en ferai sortir… ». Il est évident que le prophète s’adressait à des
personnes vivantes, qui ne sont pas encore dans des tombes. Il s’adressait au
peuple d’Israël en pleine captivité. Pour le peuple, justement, être loin de sa
terre, de Jérusalem, est une épreuve difficile à vivre. En exil, loin de la terre
de leurs pères, ils avaient tout de ceux qui sont dans les tombes. C’est donc
ici que la promesse de Dieu résonne comme la plus belle des nouvelles, car à la
suite de cette déclaration, adviendra une autre encore plus perceptible : « je
vous ramènerai sur la terre d’Israël ». En exil, le peuple était comme mort.
Enfermé dans les limites d’une terre étrangère, elle ne valait pas mieux qu’un
cadavre qui est enfermé dans un tombeau. Le ramener sur la terre d’Israël, est
tout aussi une délivrance que celle d’un homme emmuré qui finit par sortir de
sa prison. Si pour Israël, la terre d’exil est le tombeau duquel il faut absolument
que Dieu le délivre, nos tombeaux à nous aujourd’hui sont bien divers. Aux prises
avec les forces du mal qui nous assujettissent, ployant sous la force de notre
chair qui nous dicte sa loi, loin de Dieu à cause de nos nombreux péchés,
chacun de nous a besoin de voir se réaliser cette promesse de Dieu. Ces divers tombeaux
sont des lieux de mort où le Seigneur, par la force de son Esprit, promet de
nous libérer.
La deuxième lecture de ce jour intervient
comme pour nous donner le moyen le plus sûr de sortir de nos tombeaux. La
première lecture finit par la promesse de Dieu de mettre en nous son Esprit
pour que nous vivions. C’est donc cet Esprit qui a la puissance d’ouvrir les
tombeaux. Le recevoir et vivre sous sa loi, voilà le moyen pour nous de sortir
des tombeaux dans lesquels la chair nous plonge. Saint Paul le dit ouvertement :
« Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite
en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera
aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ». C’est
donc par la puissance de l’Esprit que nous pouvons être victorieux de la nuit
de nos tombeaux. C’est par sa seule force que nous pouvons triompher de la
chair et des œuvres de la chair. Pour être plus concret, vivre selon l’Esprit
nous engage sur les chemins de la vie et nous donne la vie en plénitude. Voilà pourquoi,
il serait très intéressant que chacun se pose des questions : sous la loi
de qui je vis ? Qui est le Seigneur de ma vie ? Qu’est-ce qui est
important pour moi ? Qu’est-ce qui me fait courir ?
L’évangile nous propose une réponse
absolue à toutes ces questions. Il nous propose Jésus comme la solution, le
seul en qui il faut croire. Dès le début, saint Jean nous ramène à un point
central : la foi au Fils de Dieu comme le seul chemin pour vivre : « Celui
qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais ». Voilà qui est clair et qui tranche avec ceux qui
vivent sous la loi de la chair. Eux ils sont morts et complètement enfermés
dans leur tombe. Mais pour nous qui vivons sous l’emprise de l’Esprit, c’est-à-dire
qui avons mis notre foi dans le Seigneur, nous ne connaîtrons même pas la mort.
Et s’il y a quelque chose de mort en nous, la force de la foi en Jésus, lui
donnera de vivre. Il n’y a pas à en douter. Il y a simplement à y croire. Car,
comme le rassure le Seigneur aux sœurs de Lazare, « Si tu crois, tu verras
la gloire de Dieu ».
Père Sylvain YAI, Togbin
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